Qu’est-il possible de faire après un retrait ou une suspension de permis ?

Vous vous pensiez peut-être à l’abri et que ce genre de péripétie ne pouvait arriver qu’aux autres, mais cela vous est malheureusement aussi arrivé. Vous venez de faire l’objet d’une suspension ou d’un retrait de votre titre de conduite. Quelle qu’en soit la raison (pertes de points à répétition, alcoolémie, vitesse etc), cet événement risque de compliquer sévèrement votre parcours d’assuré. Vous trouverez dans le texte ci-dessus des informations détaillant ce phénomène. Vous découvrirez également plusieurs conseils et astuces qui vous permettront de vous réassurer plus facilement par la suite !

Pourquoi est-ce si difficile de s’assurer dans de telles conditions ?

Tout d’abord, il est primordial de rappeler que vous êtes dans l’obligation d’informer au plus vite votre assureur de tout changement pouvant potentiellement affecter votre situation de conducteur. Il semble évident qu’un retrait ou une suspension entre dans une telle catégorie ! Le Code des assurances précise que vous disposez de quinze jours au maximum pour effectuer cette démarche. Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception en précisant le motif exact de votre condamnation et en joignant la notification officielle ainsi que la photocopie de la carte grise.

Si jamais votre assureur prenait la décision de résilier votre contrat actuel (vous en saurez davantage au cours du prochain paragraphe), vous serez automatiquement inscrit sur un fichier centralisé. Cela ne paraît rien mais cette action risque de compliquer sérieusement vos démarches pour s’assurer après une suspension de permis pour alcoolémie (ou tout autre motif). En effet, ce fichier est accessible à toutes les assurances françaises. Dès qu’un nouveau client les contacte, elles vérifient donc qu’il n’y figure pas. Dans le cas contraire, elles refuseront le dossier ou se réserveront la possibilité de proposer des tarifs plus élevés que la moyenne du marché en raison du risque supplémentaire qu’elles prennent.

Différentes réactions possibles

Suite à une déclaration obligatoire de changement de situation, de nombreuses personnes s’imaginent que leur contrat va être immédiatement résilié. En pratique, cela ne se déroule pas tout à fait ainsi. En effet, les assureurs disposent d’un arsenal plutôt large de solutions pour réagir. Il leur permet de s’adapter de manière graduelle à toutes les situations (importance du taux relevé, récidive, jeune conducteur etc).

La première sanction impactera directement le montant de vos cotisations. Pour la mettre en place, l’assureur dispose de deux leviers qui peuvent être associés. Il s’agit du bonus/malus et de la surprime. Le premier est un système reposant sur votre passé de conducteur. En cas de sinistres dans lesquels votre responsabilité est engagée, le tarif remonte. Dans le cas contraire, il baisse. La surprime concerne exclusivement les assurés ne respectant pas le code de la route. Sa valeur varie d’une assurance à l’autre. Dans les circonstances les plus extrêmes, elle peut quadrupler, à elle seule, le montant de cotisation !

Votre assureur dispose également du droit de baisser vos garanties afin de réduire ses propres risques. Ainsi, si vous étiez assuré « tous risques », votre contrat peut légalement être reconverti en simple assurance « au tiers ». Enfin, l’article 211-1-2 du Code des assurances autorise la rupture du contrat. Cette résiliation intervient en général dans les cas les graves seulement.

Optimisez vos recherches !

Face à une telle situation, vous aurez déjà certainement compris que vous allez devoir faire preuve de patience et de malice pour obtenir un nouveau contrat d’assurance voiture. Commencez par oublier les compagnies les plus réputées. Vous risquez en effet de perdre un temps précieux à les contacter et à présenter votre dossier pour finalement n’obtenir que des réponses négatives.

Rassurez-vous, si les plus grands assureurs ne souhaitent pas vous compter parmi leurs clients en raison de votre passé de conducteur, d’autres seront au contraire ravis de vous accueillir. Il s’agit précisément d’assurances qui s’adressent en priorité aux assurés résiliés en raison d’irrégularités dans les paiements ou de leurs comportements excessifs sur la route (vitesse, alcool etc). Celles-ci proposent des contrats adaptés à ces profils. Vous ne serez sans doute pas surpris d’apprendre que les tarifs pratiqués dépassent largement les cotisations habituellement payées par un assuré sans histoire. Pour demeurer concurrentiels, ces assureurs si particuliers construisent donc des solutions avec le minimum légal de garanties.

Si vous êtes actuellement dans une telle situation, prenez le temps de contacter plusieurs compagnies. Demandez des devis détaillés afin de disposer de tous les éléments pour comparer efficacement. N’hésitez surtout pas à faire appel aux services des nombreux comparateurs présents sur le web. Ils vous orienteront rapidement vers les assureurs spécialisés pour les conducteurs résiliés et mettront en avant les meilleures propositions. Si vous disposez de peu de temps pour agir, préférez déléguer cette tâche à un courtier. Son expérience et son important carnet d’adresses vous permettront très certainement de trouver les meilleurs prix !

L’ultime recours

Si jamais les recommandations énoncées lors du paragraphe précédent ne produisaient aucun résultat positif, ne désespérez surtout pas ! Même si vous l’ignorez encore, vous disposez en effet d’un dernier atout dans votre manche. Celui-ci se nomme BCT pour Bureau Central de Tarification. Cette appellation, peu compréhensible au premier abord, désigne un organisme venant au secours des conducteurs qui ne parviennent pas à s’assurer.

En refusant d’accéder favorablement à certaines sollicitations pourtant valides, les grandes compagnies sont en réalité dans l’illégalité. Le BCT va donc faire valoir vos droits. Il suffit de les contacter, d’exposer votre situation et de désigner au moins un assureur chez qui vous souscrirez le prochain contrat. Le Bureau informe ensuite la société d’assurance qui reviendra vers vous avec une proposition. Le processus complet dure généralement entre quatre et six mois. Attention, en aucun cas, le BCT ne dispose du pouvoir de négocier les tarifs. Si vous optez pour ce recours, attendez-vous donc à payer d’importantes cotisations !